SOURDE OREILLE
On a pu voir en 2002, dans l'actualité, des avertissements de la présence d'aluminium à des doses dépassant de 30 fois la norme dans l'eau de consommation en France. Ces avertissements étaient le fruit d'une étude de l'Institut National de la Santé et de la recherche médicale (INSERM). L'INSERM avait déjà communiqué les premiers résultats de ses recherches en 1994 et en 1996. Toutes ces mises en garde sont restées lettre morte.
Pourtant l'aluminium est un neurotoxique qui peut être à l'origine de démences dégénératives, de fragilisations osseuses ou d'accidents cardiaques, car il s'accumule dans le cerveau, les os et les muscles. Le nombre de malades d'Alzheimer est proportionnel à la quantité d'aluminium dans l'eau potable.
La présence d'aluminium dans l'eau du robinet est le résultat de l'utilisation du sulfate d'alumine, dans les stations d'épuration, au moment de l'opération dite de "floculation" qui vise à purifier l'eau de certaines impuretés, des particules argileuses notamment. D'autres produits aussi efficaces, et inoffensifs, pourraient être utilisés, mais le coût serait supérieur.
Dans les usines de filtration on met de l'aluminium à la poche dans le but de donner une meilleure transparence à l'eau. Mais les usines de traitement de l'eau de consommation qui fluorent, sont obligées à effectuer un traitement pour la précipitation de l'excès de fluor au moyen de chaux ou d'un floc d'alumine.
De plus la présence d'aluminium ne se cantonne pas seulement dans l'eau de nos robinets, mais se retrouve aussi dans les canettes de bière et de sodas, dans les rouleaux d'emballage, dans les casseroles, dans les tubes de sauces et de pâtes dentifrices, les ustensiles de cuisines... L'impact économique et sanitaire d'une confirmation de l'étude citée plus haut serait catastrophique.
La pression des lobbys des industriels, tel que Pechiney, l'un des principaux producteurs français d'aluminium, et de la Lyonnaise des Eaux ou encore de Vivendi (ex-Générale des Eaux) explique la minimisation de l'étude par les différents ministères concernés. Pechiney est une entreprise dont la majeure partie du capital est détenue par des actionnaires institutionnels français (21,9%) etétrangers (48%), ainsi que Suez-Lyonnaise des Eaux (30%; 30%), et Vivendi (24,5%; 45,6%). La panique boursière qu'engendrerait une annonce négative confirmée sur les effets alarmants de l'aluminium sur la santé publique signerait la mise à mort de ces grands groupes, de par la fuite des capitaux qu'elle provoquerait.
Mais Suez-Lyonnaise des Eaux est actionnaire à 34,5% de la chaîne de télévision M6 et à 25% de TPS. Vivendi possède 52,6% de Télé Monte Carlo et 34% de Canal+, qui possède lui-même 70% de Canal Satellite. Voilà démontrée la dangerosité que représente la prise de pouvoir médiatique par les grands groupes industriels. Nous ne sommes pas prêts de découvrir la vérité sur le problème de l'aluminium si nous nous contentons de regarder «Le vrai journal» sur Canal+...