| Pour améliorer la santé dentaire des enfants, faut-il ajouter du fluor à l'eau montréalaise ?
Journaliste: Alexis Côté (richardh@transcontinental.ca)
Journal Flambeau de l'Est, Article mis en ligne le: 17.08.2005
 |
|
Pour la présidente de la Coalition de Montréal pour des dents en santé, la Dre Stephane Schwartz, l'éducation ne suffit pas et il faut ajouter du fluor à l'eau.
|
Depuis un an et demi, la Coalition de Montréal pour des dents en santé milite fermement afin de convaincre l'administration municipale d'ajouter du fluor à l'eau, dans le but d'améliorer la santé dentaire des enfants.
Selon la Coalition «Montréal est la seule grande ville nord-américaine à ne pas ajouter de fluor dans son eau». L'ajout de fluor a déjàété à l'agenda de l'administration montréalaise, en 1988. Le comité chargé du projet avait alors décidé de ne pas aller de l'avant et de concentrer ses efforts sur l'éducation.
Les autorités estimaient alors qu'ilétait préférable de sensibiliser les jeunes sur l'importance de l'hygiène dentaire et d'un régime faible en sucre. C'est toujours la voie de l'éducation qui est favorisée pour combattre la carie, a confirmé le responsable du dossier de l'eau de la Ville de Montréal, Alan DeSousa.
Pour la présidente de la Coalition de Montréal pour des dents en santé, la Dre Stephane Schwartz, l'éducation ne suffit pas. «La carie dentaire est une infection multifactorielle, explique-t-elle. Parmi les facteurs qui sont à l'origine de la carie, on retrouve le régime alimentaire, le manque d'hygiène et le manque de fluor.»
«Si on veut enrayer la carie, poursuit la Dre Schwartz,également directrice du département de dentisterie de l'hôpital de Montréal pour enfants, il faut de tout. Il faut changer le régime alimentaire, les mauvaises habitudes, comme aller au lit avec un verre rempli d'un breuvage sucré, il faut se brosser régulièrement les dents, et il faut du fluor.»
Efficacité prouvée
À Montréal, l'usine de traitement des eaux de Dorval ajoutait du fluor à l'eau jusqu'en 2003. Ainsi, seulement 8 % des enfants de maternelle du secteur avaient la carie en 2001, selon lesétudes de l'INSPQ. La moyenne montréalaise avoisine les 25 %. Sur le territoire du CLSC de Mercier-Est/Anjou et celui d'Olivier-Guimond, ce taux se chiffre à 24 %.
Pas une question d'argent Selon lui, le fluor, un acide très corrosif, abîmeénormément les tuyaux. Les municipalités de La Prairie, sur la rive-sud de Montréal, Trois-Rivières et Québec, qui ajoutent toutes du fluor à l'eau, ne constatent toutefois pas ce genre de problèmes.
Tout dans le dossier n'est pas blanc ou noir. Il y a plusieurs zones de gris, estime Alan DeSousa. Il faut entre autres convaincre la population des avantages d'ajouter un agent chimique de plus dans l'eau potable. C'est une des raisons qui ont fait que la Ville de Montr?al a fait marche arriére en 1988.
«Je demeure toujours à l'écoute de tels projets, assure M. DeSousa. Mais le dossier est contesté. Il y a presque autant d'études en faveur que d'études contre. À la Ville, nous devons tenir compte de tous les aspects.»
|