ET LE FLUOR DANS TOUT CE GACHIS?
Pendant la 2e guerre mondiale, ce qui était majeur était l’obtention du matériel de base pour fabriquer la bombe. Dans la nature, l’uranium existe dans deux isotopes de base. Un isotope est une version d’un élément chimique. Ce qui rend un isotope différent d’un autre est le nombre de neutrons qu’il renferme.
Dans la nature, l’uranium que l’on retrouve est le U-235 et le U-238. Ce dernier, est le plus abondant et représente 99% de tout l’uranium terrestre. L’uranium-235 représente qu’un seul pourcent, mais est l’isotope requis pour la bombe. La différence entre les 2 est bien entendu 3 neutrons et ces 3 manquants rendent justement l’isotope 235 moins stable (subissant une décadence radioactive produisant les éléments plus stables). La demi-vie (temps requis pour désintégrer la moitié) de l’uranium-235 est de 700 millions d’années, ce qui est court comparativement à 4,5 milliards d’années pour le -238. Sa décomposition est assez rapide pour provoquer une réaction nucléaire, réaction à la base de toute arme nucléaire.
FABRICATION INDUSTRIELLE du combustible destiné aux réacteurs nucléaires à eau ordinaire. Avant d'être utilisé, dans les réacteurs nucléaires, sous forme de UO2 enrichi, le concentré d'uranium doit subir de nombreuses transformations chimiques qui peuvent être regroupées en opérations de conversion (fabrication d'oxydes et fluorures), d'enrichissement, puis de fabrication du combustible nucléaire.
Comment séparé l’uranium-235 de l’uranium-238 ? La réponse est simple et provoqua la construction de la bombe. DuPont était le pionnier de la réfrigération et se spécialisait dans l’utilisation du fluor (gaz) dans cette industrie croissante. Le secret de la séparation de l’uranium est dans sa transformation à l’état gazeux, qui produit le hexafluorure d’uranium (un atome d’uranium et 6 atomes de fluor). C’est le seul composé d’uranium à l’état de gaz à température ambiante. UF6 est aussi nommé «fréon radioactif». Le UF6 d’U-235 est légèrement plus léger que le UF6 d’U-238, à cause de ses 3 neutrons.
Fabrication de l'hexafluorure : par combustion du tétrafluorure dans du fluor.
Le fluor, difficile et dangereux à stocker, est produit sur place, par électrolyse de HF (ou plutôt de KF,2HF). La combustion, très exothermique (des températures de 1700-1800°C sont atteintes), est réalisée dans un tube vertical (réacteur à flamme), généralement en monel, de plusieurs mètres de haut et quelques dizaines de cm de diamètre.
La production de 1 kg d'U enrichi à 3,1%, demande 6,2 kg d'U naturel et fournit 5,2 kg d'U appauvri à 0,25%. Son enrichissement nécessite 4 UTS (unité de travail de séparation, qui rend compte de la puissance de séparation utilisée). Un réacteur de 1 300 MWe consomme 100 000 UTS/an.
Le premier uranium enrichi, destiné à la fabrication de la bombe atomique dans le cadre du "Manhattan project" a été obtenu, à Oak Ridge (États-Unis), par séparation électromagnétique (Calutron), selon le principe du spectromètre de masse. Cette technique, utilisée avant la guerre du Golfe par l'Irak, est, à l'échelle industrielle, abandonnée.

Le personnel du Projet Manhattan propulsa du UF6 dans un tunnel long d’un mile (1,6 km) rempli de grillages. Au bout du tunnel, le UF6 du U-235 arriva en premier étant plus léger. Une membrane filtrait l’élément précieux. Dix milles personnes étaient requises pour produire la grosseur d’une pomme d’U-235.
Diffusion gazeuse : c'est la technique la plus utilisée actuellement (aux États-Unis et en France, soit les 2/3 de la production mondiale). Elle est permise par le fait qu'UF6 soit un gaz à une température et une pression modérée. UF6 diffuse à travers des parois poreuses. La vitesse de diffusion, selon la loi de Graham, est inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse molaire. Entre 235UF6 et 238UF6, le rapport théorique est de 1,0043 (1,002 en pratique). Pour enrichir jusqu'à 3 %, il faut effectuer un grand nombre d'opérations de diffusion en série dans des cascades de séparateurs.
La production de 1 kg d'U enrichi à 3,1%, demande 6,2 kg d'U naturel et fournit 5,2 kg d'U appauvri à 0,25%. Son enrichissement nécessite 4 UTS (unité de travail de séparation, qui rend compte de la puissance de séparation utilisée). Un réacteur de 1 300 MWe consomme 100 000 UTS/an.
Les parois poreuses sont en nickel ou alumine fritté et comportent de l'ordre de 100 milliards de pores de 0,01 mm de rayon par cm2. L'usine Georges Besse d’Eurodif, à Tricastin (26) comporte 1 400 étages en série avec 120 millions de membranes soit, 4 106 m2 de surface diffusante. La consommation d'électricité est très importante (60% du coût de l’enrichissement, principalement dans la compression du gaz) : 2 450 kWh/UTS. L'enrichissement consomme 6% de l'énergie produite par les centrales nucléaires françaises, soit la consommation de 4 tranches nucléaires de 900 MW, ce qui représente 10% du coût du kWh produit.
UF6 appauvri est défluoré pour donner U3O8. La capacité de défluoration de l'usine de Tricastin est de 14 000 t/an de d' U contenu dans UF6 qui donne 7 000 t/an d'acide fluorhydrique à 70 %. Cette production de HF fait de Areva l'un des principaux producteurs européens d'acide fluorhydrique.
La consommation en HF est de 0,34 kg/kg d'U.
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LA PREMIÈRE POURSUITE
La première poursuite contre le méga-projet de la Bombe-A ne fut pas concernant la radiation, mais pour un problème de pollution par le fluor.
DuPont produisait d’énormes quantités de fluor requis dans la fabrication de UF6. En 1944, il eut un accident chez DuPont (Deepwater, New Jersey) et un nuage meurtrier de fluorure d’hydrogène s’éleva de l’usine (certainement qu’il y eu plus qu’un accident, mais non reporté) : des cultures périrent, des gens furent malades dans les comtés de Gloucester et Salem. DuPont y fabricait plusieurs millions de tonne de fluor. C’était une région particulièrement reconnue pour sa grande qualité de légumes et fruits produits. La poursuite contre DuPont et le Manhattan Project ne put conclure, car le gouvernement stipulait que des données doivent demeurer secrètes pour la « sécurité nationale » (la quantité de fluor libéré pouvait révéler la quantité d’uranium produit, donc le nombre potentiel de bombes).
Lorsque les fermiers poursuivirent en justive DuPont et le Manhattan Project, le gouvernement fut secoué. Car le gouvernement américain, dès 1946, lançait la production en série de bombes atomiques, armes sur lequel l'Oncle Sam misait sa suprématie. L'interminable procès nuierait au projet, il fallait donc étouffer l'affaire au plus vite, avant que l'opinion publique soit concernée. Toute résistance à la production et au rejet du fluor dans la nature, perturberait l'investissement de milliards de dollars.
Plusieurs études furent entreprises dans le but de contre-carrer les poursuivants. Bien entendu, les recherches furent toutes contrôlées, entre autres menées par le US Army Chemical Warfare Service, plus crédible que le Département d'Agriculture. Ce fut l'un des plus grands investissements du gouvernement dans la recherche scientique dans ses propres laboratoires mais aussi dans le privé (universtés). À cette époque, 90% des subventions à la recherche universtaire était fournis via le Département de la Défense et l'AEC. Le Projet Manhattan existe toujours... mais renommé Atomic Energy Commission (AEC).
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La production mondiale d'uranium était, en 1988, de 60,860 tonnes.
En 2005, la demande mondiale d’environ 70,000 tonnes est en partie assurée, hors recyclage, à partir des stocks accumulés dans les années 80 (estimés à plus de 500 000 t) et par la dilution d’uranium fortement enrichi (UHE) issu du démantèlement des armements nucléaires russes soit 500 t d’UHE qui donnent 9 000 t/an d’U naturel sur une période de 20 ans (entre 1993 et 2013). |